Par Mariana ANTONOVA, en classe de Terminale 08
Avec des interactions avec les étudiants à chaque nouvelle question posée, un échange approfondi d’opinions toutes différentes les unes des autres a eu lieu sur ce thème, large et presque insaisissable en son intégralité. Cependant, l’on peut aisément en retenir les idées-clefs les plus intéressantes et aussi, sans doute, quelque peu inattendues.
Hypothèse de la responsabilité collective
En premier lieu, une hypothèse curieuse a été énoncée : celle de la responsabilité collective que nous prenons, en tant que société, les uns envers les autres. Il s’agirait, d’après l’orateur de la conférence, d’un certain fardeau moral que l’homme porterait sur ses épaules à travers les siècles mais ne saurait encore en faire bon usage.
Daria, ayant étudié cette même matière du comportement humain en société, affirme que l’homme, en tant qu’être social, nécessite avant tout une prise de conscience relative à l’esprit de collectivité pour parvenir ou, du moins, se rapprocher d’un monde que l’on qualifierait alors d’utopique.
Interrogeons cette thèse
Cependant, le doute nous fait naturellement interroger cette thèse : l’utopie existe-t-elle donc ou a-t-elle quelque chance d’exister dans le futur ?
De fait, la notion d’« Utopie » dans son sens littéraire, introduite en 1516 par Thomas More, renferme des axes essentiels qui en font une idée d’un monde idéal : un chef savant et sage à la tête d’un gouvernement infaillible, l’harmonie et la stabilité, la rationalité, la paix et le bienfait global pour tous les hommes.
C’est ainsi que l’utopie est décrite dans la majeure partie des œuvres littéraires de ce genre. Aussi relève-t-on des traits de stoïcisme dans cet idéal humain de grande force et de grande morale qui s’inscrit sur leurs pages.
On retrouve dans des ouvrages à la manière de Platon avec « La République » ou de Tomasso Campanella avec « La Cité du Soleil » des idées presque humanistes qui critiquent la société actuelle et contribuent à créer ce songe du merveilleux dans l’esprit de l’homme enchanté par la promesse d’un futur meilleur.
Une réflexion sur l’Homme
En outre, ces critiques de la société et du gouvernement relèvent sans aucun doute, pour chacun des écrivains et des philosophes qui y plonge le bout de la plume, de conclusions qu’ils tirent de leur propre époque et des faits historiques qui se déroulaient alors.
Aussi la réflexion sur le futur utopique est-elle inévitablement une réflexion sur l’homme et sa capacité à s’adapter, progresser, évoluer ; des philosophes-utopistes comme Fourier, Marx, ou Engels s’interrogeaient sur la possibilité de métamorphoser la société, de la corriger afin de la rendre plus juste. Émerge alors la question de l’homme de demain et de savoir si, en fin de compte, il serait ou non en capacité de changer son monde et changer lui-même.
En conclusion
Ainsi, avec l’aide des esprits clairs et savants, nous en venons à forger nos propres conclusions : l’utopie a-t-elle lieu d’exister un jour ou l’autre ?
Le fait est qu’il n’y aurait pas, de toute évidence, une utopie unique à tous et, surtout, plaisante et convenable à tous. Le monde est un entrelacs d’idéaux que chacun fleurit dans son esprit renfermé à celui des autres ; c’est pourquoi les utopies sont si éloignées de la réalité et portent une si faible probabilité de naître un jour.
Mais les utopies sont les fruits d’une imagination humaine qui, dénuée de limites, s’étend vers l’infini et au-delà. Au sein de notre société, il est en notre pouvoir non pas de donner vie à l’utopie (utopie, du grec, signifiant littéralement un endroit qui n’existe pas) non pas, disons-nous donc, de lui donner vie, mais d’en tirer autant de traits que possible pour se rapprocher d’un monde qui nous semblerait être meilleur que celui que nous partageons aujourd’hui. Car les utopies sont bien charmantes sous la pensée créative de l’homme, mais elles ont fatalement de dangereux aspects au contact de notre stricte réalité.
Ainsi, contentons-nous de faire face à notre présent et de l’embellir autant qu’il nous l’est possible avant que de nous fier à un avenir au sujet duquel nous sont faites les plus somptueuses promesses et dont, cependant, nous sommes les seuls auteurs.
Note de l’autrice
Il est bon d’exprimer une cordiale reconnaissance aux orateurs de cette conférence qui ont établi un véritable débat sur les essences humaines.
Et n’oublions jamais que, « jusqu’au jour où Dieu daignera dévoiler l’avenir à l’homme, toute la sagesse humaine sera en ces deux mots : attendre et espérer » — Alexandre Dumas, « Le Comte de Monte-Cristo ».




