Un projet qui prend de l’ampleur
La connaissance n’est pas de prime abord source de compétition, la connaissance est une richesse qui se transmet. C’est en partant de cette valeur, la transmission, fondamentale pour notre société, que le projet de tutorat s’est installé dans sa 2ème année au lycée Camille Jullian.
Cette année, 28 élèves de terminale ont chacun pris en charge un élève de seconde en difficulté et l’accompagne entre 30 minutes et 1h chaque semaine.
Des objectifs qui demeurent multiples
Pédagogiques d’abord puisqu’il s’agit par une voix (et voie) moins sacralisée que celle du prof de proposer des séances de remédiation de sorte que les élèves en difficulté (re)prennent confiance en eux et trouvent leur place dans le lycée. Ces séances ont pour objectif de débloquer des situations d’apprentissages en refaisant des exercices et devoirs. Pour cela, les « tuteurs », élèves de terminale de 17 ans utilisent des termes qu’ils se sont appropriés depuis longtemps comme rigueur, organisation, méthode, régularité, persévérance...la transmission donc.
Mais il s’agit aussi de faire sens dans la micro société de notre lycée en interrogeant des valeurs comme solidarité, altruisme, bienveillance. En fait, voir l’autre. De ce point de vue là, l’implication des élèves de terminale, à un moment pourtant déterminant de leur scolarité, est remarquable.
Une démarche que le philosophe Michel Serres a (comme toujours) brillamment résumé :
Si vous avez du pain, et si moi j’ai un euro, si je vous achète le pain, j’aurai le pain et vous aurez l’euro et vous voyez dans cet échange un équilibre, c’est-à-dire : A a un euro, B a un pain. Et dans l’autre cas B a le pain et A a l’euro. Donc, c’est un équilibre parfait. Mais, si vous avez un sonnet de Verlaine, ou le théorème de Pythagore, et que moi je n’ai rien, et si vous me les enseignez, à la fin de cet échange-là, j’aurai le sonnet et le théorème, mais vous les aurez gardés. Dans le premier cas, il y a un équilibre, c’est la marchandise, dans le second il y a un accroissement, c’est la culture.
Alain Velsch (référent décrochage scolaire)




