Rencontre avec l’écrivaine russe Anna Starobinets

par Sylvette Soulié

Anna Starobinets qui a participé au salon "Lire en poche" à Gradignan du 12 au 14 octobre a très aimablement accepté de rencontrer des élèves du collège Cheverus et du lycée Camille Jullian et a accepté de répondre à leurs nombreuses questions :
"Dans la matinée du Vendredi 12 Octobre 2018, le lycée Camille Jullian a eu le plaisir d’accueillir celle que l’on surnomme « la reine russe de l’horreur », nommée et lauréate de plusieurs prix, Anna Starobinets. Deux heures durant s’est tenue la rencontre entre les élèves étudiant le russe à tous niveaux (collège, lycée, CPGE, russophones…), et l’auteure, qui s’est prêtée au jeu du question-réponse. Plus qu’une simple interview, cet échange a été l’occasion d’en apprendre davantage sur une écrivaine dont les débuts n’ont pas toujours été simples : ses premiers écrits et sa carrière avant tout journalistique, la place essentielle de l’écriture dans sa vie, ses sources d’inspiration et le secret de l’étrangeté de ses œuvres, ses rêves pour l’avenir …
Un échange littéraire donc, mais surtout interculturel, puisqu’il s’agissait d’une réelle opportunité pour les non-russophones d’entendre parler le russe de l’écrivaine, dont les propos ont été traduits par les deux enseignantes de russe ayant encadré la séance, mais aussi pour l’auteure de découvrir, à travers les questions des élèves, la façon dont son œuvre pouvait être perçue par un jeune public français.
Agréable et enrichissante rencontre qui s’est conclue par la signature d’autographes, quelques photos, ainsi que la remise, au nom de tous les élèves, d’une bouteille de vin, spécialité bordelaise par excellence, pour la remercier de son intervention. A sa plus grande surprise !"

Alice Grafeev et Quentin Peuron, étudiants CPGE, L1B

Et voici ce qu’en a dit Anna Starobinets elle-même sur sa page facebook :
"Une foule d’adolescents lycéens s’est révélée être une foule de petits lapins intéressés et bienveillants. Ils étudient le russe comme langue étrangère dans ce lycée de Bordeaux ainsi que la littérature russe , contemporaine aussi. C’est pourquoi en cours ils ont lu certains de mes récits (en français).

Ils avaient préparé l’avance les questions (82 au total), auxquelles j’ai répondu pendant 2 heures. Plus des questions complémentaires , au total j’ai répondu le matin à 90 questions, en général très appropriées et riches.

Une partie des questions était consacrée au récit "J’attends" (sur une nouvelle forme de vie, née dans une casserole de soupe) qui, je ne sais pas pourquoi, a entraîné chez les lycéens effervescence et dissonance cognitive. C’est sans doute "la différence de culture".

(Puis Anna Starobinets énumère une série de questions posées par les élèves.)

A la fin de la rencontre les lycéens m’ont offert une bouteille de vin de la région. Et la professeure de russe m’a emmenée déjeuner au réfectoire du lycée. Là j’ai découvert une autre "différence culturelle". Je ne sais pas comment les Français s’y prennent avec leurs adolescents mais pendant le déjeuner les adolescents ne regardent pas du tout leurs téléphones mais bavardent face à face gentiment. J’ai demandé avec précaution au professeur si on leur confisquait le téléphone. Elle a répondu : "Mais non". "Pourquoi n’ont-ils pas leur téléphone en mangeant ?" - "Ce serait très impoli". Alors j’ai regardé la table des professeurs. Pas un portable sur la table. Ils bavardent entre eux comme des gens du monde.

Ce récit est basé sur des faits réels.

Le récit sur la moisissure, bien sûr, aussi.

P.S. Aujourd’hui il fait + 30 à Bordeaux"